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Sauvons les dauphins

Information sur les cétacés des côtes françaises

ES-02Espèces et échouages

Les espèces de dauphins présentes en France

Sept espèces de petits cétacés fréquentent régulièrement les eaux françaises, de la mer du Nord à la Méditerranée. Elles se ressemblent de loin et se distinguent nettement de près : taille, forme de la dorsale, dessin des flancs. Voici de quoi les reconnaître et savoir laquelle vous avez sous les yeux.

Fiche relue le 20/08/2026

Les sept espèces en un tableau

Les tailles indiquées sont celles des adultes. Elles servent de premier tri : un animal de moins de deux mètres et un animal de cinq mètres n'appartiennent pas à la même espèce, quelle que soit la qualité de la photo.

Sept espèces de petits cétacés observées dans les eaux françaises
Nom courant Nom scientifique Taille adulte Façade principale Signe distinctif
Dauphin commun Delphinus delphis 1,7 à 2,4 m Atlantique Sablier ocre sur le flanc
Grand dauphin Tursiops truncatus 2,5 à 4 m Toutes Gris uni, rostre court et épais
Dauphin bleu et blanc Stenella coeruleoalba 1,8 à 2,5 m Méditerranée Bandes sombres oeil vers flanc
Dauphin de Risso Grampus griseus 2,6 à 3,8 m Médit. et talus Peau claire couverte de cicatrices
Globicéphale noir Globicephala melas 4 à 6 m Atlantique, Médit. Melon bombé, dorsale large
Lagénorhynque à bec blanc Lagenorhynchus albirostris 2,4 à 3 m Manche, mer du Nord Rostre clair, silhouette trapue
Marsouin commun Phocoena phocoena 1,4 à 1,8 m Manche, Atlantique Pas de rostre, dorsale triangulaire

Le dauphin commun

C'est l'espèce des grands groupes mobiles du golfe de Gascogne, et de très loin la plus concernée par les échouages hivernaux. Son flanc porte un motif en sablier reconnaissable entre tous : une plage ocre à jaune à l'avant, une plage grise à l'arrière, séparées sous la nageoire dorsale. Le rostre est fin et bien marqué.

Il chasse en groupes qui peuvent réunir plusieurs dizaines d'individus, parfois beaucoup plus, en poursuivant des bancs de petits poissons qu'il rassemble en boule. Ses plongées de chasse durent quelques minutes, ce qui explique la rapidité de l'issue lorsqu'un animal est retenu sous l'eau.

Dauphin commun nageant sous la surface, marque en sablier ocre et grise nettement visible sur le flanc
Le sablier du dauphin commun : ocre à l'avant, gris à l'arrière. C'est le critère le plus sûr, même sur une photographie médiocre.

Le grand dauphin

Plus massif, gris uniforme, avec un rostre court et épais, il est l'espèce que le public identifie spontanément. Il fréquente les trois façades, avec des populations côtières sédentaires en Normandie, autour de l'archipel de Molène en mer d'Iroise, dans le golfe du Morbihan et dans les pertuis charentais, ainsi que des groupes plus mobiles au large.

Il figure à l'annexe II de la directive Habitats, ce qui justifie la désignation de sites Natura 2000 en mer pour sa conservation. Les populations côtières sont peu nombreuses et fidèles à leur secteur, ce qui les rend sensibles au dérangement.

Les espèces de Méditerranée

En Méditerranée française, le dauphin bleu et blanc est l'espèce la plus abondante. Il se reconnaît à ses fines bandes sombres qui partent de l'oeil, l'une vers l'anus, l'autre vers la nageoire pectorale. Le dauphin de Risso, plus grand et plus clair, se couvre avec l'âge de cicatrices blanches laissées par ses congénères et par ses proies, au point de paraître presque blanc chez les vieux mâles. Le globicéphale noir, enfin, est un delphinidé de grande taille au front bombé, qui vit en groupes familiaux stables.

Le marsouin, qui n'est pas un dauphin

Le marsouin commun appartient à une autre famille, celle des phocoenidés. Il est nettement plus petit, dépasse rarement un mètre quatre-vingts, n'a pas de rostre saillant et porte une dorsale triangulaire basse au lieu de la dorsale en faucille des dauphins. Il vit surtout en Manche, en mer du Nord et sur la côte atlantique nord, souvent seul ou par deux.

La distinction n'est pas un détail de vocabulaire : le marsouin se prend surtout dans les filets fixes, pas dans les chaluts pélagiques. Confondre les deux espèces revient à mélanger deux problèmes distincts et deux jeux de chiffres.

Reconnaître sur une photo

Trois questions permettent d'identifier la plupart des animaux observés depuis la côte ou depuis un bateau.

  1. Y a-t-il un rostre ? Un bec saillant écarte d'emblée le marsouin. Un bec fin oriente vers le dauphin commun, un bec court et épais vers le grand dauphin.
  2. Le flanc est-il dessiné ? Un motif en sablier signe le dauphin commun. De fines bandes partant de l'oeil signent le dauphin bleu et blanc. Un gris uniforme oriente vers le grand dauphin.
  3. Quelle taille par rapport au bateau ? Au-delà de quatre mètres, on quitte le domaine des dauphins au sens courant pour entrer dans celui des globicéphales.

En cas d'animal échoué, l'identification n'a pas à être faite par le témoin : le réseau s'en charge. La conduite à tenir figure sur la fiche Que faire si vous trouvez un dauphin échoué.

Questions fréquentes

Toutes ces espèces sont-elles protégées en France ?

Oui. L'ensemble des mammifères marins présents dans les eaux françaises relève d'une protection stricte, détaillée dans la fiche La loi française sur la protection des cétacés.

Peut-on voir des dauphins depuis la côte ?

Oui, ponctuellement, surtout là où vivent des groupes côtiers de grands dauphins. L'observation depuis la terre est la seule qui ne présente aucun risque de perturbation pour l'animal.

Un dauphin isolé est-il un animal en détresse ?

Pas forcément, mais un animal solitaire qui s'attarde près du rivage, en eau très peu profonde ou qui se laisse approcher mérite un signalement au réseau d'échouages.